Malgré l’absence apparente de programme de l’UMP, il en existe un, celui du PPE (le Parti Populaire Européen) ,groupe auquel appartient l’UMP . Cependant, ce programme ne propose pas d’alternatives pour changer l’Europe et pour enrayer la crise sociale, économique et environnementale.
En fait, aujourd’hui, le discours de l’UMP et du PPE se résume à cela:

Au lieu de définir des axes clairs et des principes permettant de fonder une politique de relations extérieures et de défense à l’échelle européenne, le PPE-DE a  choisi de s’en remettre à la parole de l’Amérique pour faire exister l’Europe sur la scène internationale.

Le programme du PPE-DE est limpide sur ce sujet : « La relation transatlantique est une fin en soi », car « l’Union européenne a besoin d’une relation transatlantique solide et profonde ».

  • Plus encore, « le groupe PPE-DE fera du développement des relations transatlantiques une priorité car il a la conviction profonde qu’il s’agit de l’unique moyen de défendre nos valeurs communes les plus essentielles ».
  • L’option choisie est claire : le monde dans lequel nous vivons est un monde de danger et il s’agit de s’en remettre aux Américains pour défendre les « valeurs communes de l’Occident ».
  • Plus question de porter une parole européenne sur la scène internationale qui puisse être libre et indépendante : l’alignement avec les Américains doit être recherché, et « une approche commune avec les partenaires transatlantiques est souhaitable pour traiter avec les grands acteurs géopolitiques ».
  • Dans ce cadre, un rôle « essentiel » pour les consultations sur la sécurité est dévolu à la défense européenne.
  • Dernier point: noyer autant que possible l’Europe dans un ensemble toujours plus vaste, avec la création d’une « Assemblée transatlantique ».

Pas de crise financière ou social, c’est une “crise des valeurs”.

On ne peut être plus explicite, dans son propos introductif, le programme du PPE ratifié par l’UMP l’affirme : “Car cette crise n’est pas comme les autres, elle n’est pas simplement une crise économique et financière. C’est une crise de valeurs” (PPE, p.4).

Les fautifs, ce sont les “les familles renoncent aux obligations et à l’épargne pour rechercher la facilité et le confort, ce sont bien les valeurs qui sont en crise” (ibid). C’est pourquoi le chapitre n°1 des priorités du PPE ratifié par l’UMP, c’est “L’Europe, pour une Europe des valeurs”. Et qu’elles sont ces valeurs qu’il faut restaurer pour endiguer la crises financières et sociales:

  1. La sauvegarde des valeurs familiales” (PPE, p.5)

Des mesures “pragmatiques” pour endiguer la crise financière :

  1. Le retour de l’économie néoclassique : politique de l’inflation, réduire la fiscalité. Mieux vaut ne pas changer ce qui fonctionne depuis 20 ans sous pouvoir du PPE. Il s’agit de : “favoriser le retour rapide de la croissance dans toute l’Europe avec une inflation contenue“, les relances seraient mal vues; et baisser l’écrasante fiscalité “Il faut en priorité soutenir le pouvoir d’achat des Européens et prévenir l’alourdissement de la fiscalité qui décourage l’initiative“. (PPE, p.7)
  2. La faute, ce sont les ménages : “un effort de fond doit être entrepris pour lutter contre le surendettement des ménages et favoriser l’épargne, source d’investissements” ; (PPE, p.7)
  3. En finir avec les impôts et l’administratif, faire du fric, vite : Le plus important, ce n’est pas la régulation du capitalisme, mais bien une plus grande liberté d’entreprendre : avec des mesures en faveur de la liberté d’entreprise, de transmission, de  recrutement, d’établissement, d’activité indépendante ou à temps partiel doivent être favorisées pour préparer la reprise“. (PPE, p.7)
  4. (Les paradis fiscaux, Les hedges funds, les produits dérivés, etc… connait pas!). En effet, ce qui avait été les propositions assez audacieuses, n’existent plus dans les propositions officielles. Comme solutions à la crise financière, ce ne sera que juste un “système européen de supervision“, non pas pour les acteurs financiers, mais visiblement pour les politiques publiques : “…pour la plus grande coordination des politiques de régulation financière au sein de l’Eurozone“. (PPE, p.7)